Une approche naturaliste au plus près de l’eau
C’est un évènement pour un écolier de 6 ans qui part pour la première fois en séjour scolaire. Direction Belle-Isle-en-Terre (22) pour les classes de CP de cette école bretonne. A peine arrivés sur le site, c’est équipés de bottes que les écoliers ont passé du temps dans la rivière avec des épuisettes. « J’ai aimé observer les bêtes. J’ai vu des larves de grandes libellules et aussi des larves de demoiselle », relate Côme, 6 ans, élève en CP. « J’ai appris que la libellule sort de l’eau quand elle se développe. Elle se met sur une tige et son corps sort de la larve. Le soleil fait durcir sa peau ». Le fonctionnement des écosystèmes aquatiques était au programme du séjour.
Après ce temps en extérieur, l’heure est à l’étude des êtres vivants dans les salles. « Dans la classe, la dame qui s’appelait Marion avait des images pour nous montrer comment la libellule se développait », ajoute Côme, intarissable sur son séjour. Après avoir trouvé des larves, les élèves devaient les dessiner et aussi reconnaître l’espèce. « Nous avions une feuille avec plein de bêtes, nous devions trouver celle que nous avions dessinée ». Les poissons de rivière étaient aussi au programme sans oublier la loutre. « Nous avons fabriqué un piège à poissons pour pouvoir les observer, pas les manger ! Les poissons allaient dans une bouteille »…
Les outils pédagogiques ne manquent pas dans ce centre spécialisé depuis plusieurs dizaines d’années dans les classes de rivière. Les élèves ont conçu un moulin en bois et en papier. « J’ai pu faire tourner le moulin en le plaçant sur la rivière. C’est le courant qui fait tourner la roue. Nous avons mis des pierres pour faire tenir le moulin ». Cette première approche de l’énergie hydraulique sera vraisemblablement dupliquée une fois de retour à la maison. « Les moulins peuvent servir à écraser des grains de blé pour faire de la farine », ajoute Côme qui a aussi retenu la fonction des roues avec une grande maquette présente sur place. In fine, les enfants ont travaillé sur le cycle de l’eau. Il leur était rendu possible de montrer le parcours de l’eau en partant des nuages avec un autre support concret. « C’est l’expérience que j’ai préférée ! ».
La vie en collectivité
Au-delà du contenu, la vie en collectivité, hors cocon familial, est aussi une première expérience pour beaucoup. « J’ai surtout adoré le petit-déjeuner : il y avait du pain, de la confiture, du jus d’orange et du chocolat chaud. Le midi aussi c’était meilleur que d’habitude », détaille-t-il les yeux pleins de gourmandise. C’est toujours meilleur ailleurs non ? Développer l’autonomie et le sens du partage figuraient parmi les objectifs du séjour.
Les élèves étaient hébergés dans le centre costarmoricain. « J’ai dormi dans la même chambre que mes copains. Il y avait 5 places ». Côme a aussi apprécié la lecture d’histoire proposée avant de dormir. « Ces classes ont pour objectif la connaissance de la faune, de la flore, du fonctionnement des écosystèmes aquatiques et visent également à faire naître un sentiment de sympathie pour ces milieux », peut-on lire sur le site de l’association Eau et rivières de Bretagne.
Soulignons surtout l’engagement supplémentaire des enseignant.es qui proposent ce projet à leurs classes.
Julien Cabioch
