Elles représentent numériquement la deuxième profession de l’éducation nationale et sont de plus en plus nombreuses à oser manifester, pancartes à la main et slogans à la bouche. A Marseille, Cécile, Sheynesse, Touatia, Salmat, Nabila et leurs collègues prennent le mégaphone et chantent leurs revendications. Pendant que leurs déléguées sont reçues en audience par la DSDEN, enseignant.es et AESH entonnent sur l’air de » Les Champs Élysées » de Joe Dassin :
« Nous, AESH, on est toujours là !
Nous, AESH, on est toujours là !
Chaque matin, dans chaque classe
Invisibles mais efficaces,
pour permettre à tous les enfants
d’avoir leur place « .
Mais depuis quelques années, voilà qu’elles occupent le pavé, agissent collectivement, affinent leurs revendications, et finissent par attirer l’attention sur leur métier. Comme on le dit à Marseille, le mouton est plus difficile à tondre quand il gigote ! Alors encore une fois, elles ont manifesté, pour leur métier et leur dignité, et leur droit à ne pas se faire tondre en silence.
Il faut dire que derrière le vernis de la précarité se cache un trésor. Celui d’une profession faite pour permettre à tous les enfants de fréquenter une école, pour rendre notre système scolaire plus égalitaire, pour rendre la société vraiment inclusive. Face à ce constat, impossible de se contenter de quelques miettes, de tolérer le dédain institutionnel, d’accepter la relégation permanente et tout ce qui, de rapports sénatoriaux en décisions politiques, participe à nier l’importance fondamentale des AESH dans l’organisation scolaire.
Cette importance, que les AESH rassemblées à Marseille ont criée dans le micro, doit être reconnue par la mise en place d’un statut de la fonction publique. Les AESH ne demandent rien de plus… mais rien de moins non plus. Il est temps de les écouter.
Frédéric Grimaud
