6 millions d’enfants déscolarisés dans le monde d’ici la fin de l’année 2026, selon l’UNICEF. Yannick Trigance, conseiller régional PS, appelle à rester « mobilisés afin que cette régression éducative ne passe pas sous les radars d’une actualité du zapping et du superficiel ».
S’il frappe durement notre Ecole publique en France, le désinvestissement dans l’éducation est malheureusement constaté au niveau mondial, mettant en péril la scolarité et donc l’avenir de millions d’enfants un peu partout dans le monde.
C’est ce qui ressort d’une analyse prospective de l’UNICEF publiée au tout début du mois de septembre et qui révèle en projection une baisse de 3,2 milliards de dollars des financements alloués à l’horizon 2026, c’est-à-dire pour demain.
Ce désinvestissement conduirait d’ici à la fin de l’année 2026 à la déscolarisation de 6 millions d’enfants dont un tiers vit déjà en situation de crise humanitaire.
L’aide publique au développement (APD) en faveur de l’éducation baisserait ainsi de 3,2 milliards de dollars, soit une diminution de 24% par rapport à 2023, portant ainsi à 278 millions le nombre d’enfants déscolarisés contre 276 millions actuellement.
Cette catastrophe éducative mondiale, si elle se concrétisait, serait due pour 80 % au désengagement de trois financeurs gouvernementaux, à savoir les Etas-Unis, l’Allemagne et … la France !
La France, pays des Droits de l’Homme, pays qui a signé le 26 janvier 1990 la Convention relative aux droits de l’enfant adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 20 novembre 1989, convention ratifiée le 7 août 1990, la France, pays de l’émancipation, pays de l’Ecole de la République, contribuerait donc à briser l’avenir de 6 millions d’enfants, soit l’équivalent des effectifs des écoles primaires d’Italie et d’Allemagne !
Car oui, dans ces parties du monde frappées par des crises humanitaires, l’éducation, si elle permet aux jeunes d’accéder à la connaissance et à l’émancipation qui en découle, constitue dans le même temps un puissant levier dans la lutte contre la pauvreté, permettant aux enfants d’accéder à une alimentation saine et équilibrée – au moins un fois par jour -, à la protection et à la santé.
Toujours selon l’UNICEF, les enfants d’Afrique de l’Ouest, d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient – soit environ 28 pays – verraient les aides en faveur de l’éducation diminuer.
Ces coupes budgétaires pèseraient lourdement sur l’avenir de millions de jeunes et donc sur le devenir de leur pays quand on sait combien le niveau d’éducation d’une population constitue un formidable investissement dans l’avenir, et le devenir, non seulement social mais également économique d’un pays, et par la même de sa place dans le concert des nations.
Programmes d’alimentation scolaire et de prévention en matière de santé, aides en faveur de l’éducation des filles, formation et perfectionnement des enseignants… autant de leviers qui, s’ils devaient être amenés à disparaître faute de financement, plongeraient ces enfants dans une spirale de misère et de désolation, les condamnant à un avenir d’abandon et de traumatismes.
Pays des Lumières et de l’universalisme, la France se doit d’assurer le maintien de ses financements à l’éducation dans ces situations de crises humanitaires. Il n’est pas acceptable, au moment où les besoins éducatifs dans les contextes humanitaires explosent, que les financements de la France régressent.
Plus que jamais, la communauté internationale, dont la France au premier chef, doit considérer l’éducation comme un véritable levier de protection, d’émancipation et d’espoir pour toute la jeunesse d’ici et d’ailleurs.
Restons mobilisés afin que cette régression éducative ne passe pas sous les radars d’une actualité du zapping et du superficiel : c’est une obligation morale, politique et économique pour la réaffirmation d’un monde fondé sur l’humanisme, la prospérité et la fraternité.
Yannick Trigance
