Dans un communiqué, l’académie de la Martinique précise que la non-ouverture de l’agrégation de créole est temporaire, et qu’elle s’inscrit dans une évolution globale de la carte des concours et des recrutements de l’Éducation nationale.
Une décision dénoncée par le SPEG
Le Syndicat des personnels de l’éducation en Guadeloupe (SPEG) a réagi vivement à cette annonce en adressant une lettre ouverte pour dénoncer la situation. « D’abord, en juin 2025, les programmes des agrégations des langues de France, dans lesquels on retrouve le créole, sont publiés. Et le programme de créole, bien entendu. Puis, quelque temps après, le gouvernement décide de ne pas ouvrir d’agrégation pour les langues de France, pour toutes les langues de France. Et puis, on imagine que, profitant de la pagaille un peu gouvernementale qui vit en ce moment, on apprend que le Corse est ouvert, que l’Occitan est ouvert, et que la langue bretonne est ouverte. Sauf le créole » regrette Jean Dernault, secrétaire général du syndicat.
Pour lui, cette décision traduit une injustice flagrante : « Il faut rappeler qu’il y a la Martinique, la Guyane, la Réunion… et donc beaucoup plus de locuteurs du créole que pour les autres langues régionales. » Le syndicat affirme avoir alerté l’ensemble des parlementaires guadeloupéens, ainsi que leurs homologues martiniquais, guyanais et réunionnais.
Des réactions syndicales et politiques
Pour le député Max Mathasian « la disparition de l’option créole du concours est donc ressentie comme une véritable discrimination parmi les nombreux professeurs certifiés dans la langue régionale. » Il demande lors d’une question à l’assemblée nationale le 28 octobre « si l’option créole peut être maintenue dans les épreuves du concours de l’agrégation externe section langues de France de la session 2026, comme cela est prévu au programme ».
La suspension de l’agrégation de la langue créole est dénoncée par les syndicats guyanais SE UNSA, STEG et UTG. Pour eux, l’agrégation est une reconnaissance et valorisation de la langue créole. Ils refusent ce qu’ils considèrent comme une injustice.
Le SPEG espère qu’une mobilisation collective permettra de revenir sur cette décision, rappelant qu’une mobilisation similaire avait déjà permis d’éviter l’annulation du concours en Langue des signes française.
Djéhanne Gani
