« La question du territoire et du numérique éducatif est très ancienne et remonte aux années 80 », relate Pauline Reboul, chercheuse à université de Toulon. « Les lois de décentralisation ont attribué aux collectivités un certain nombre de responsabilités dont l’équipement informatique ». Venue expliquer ses travaux de recherche sur « les alliances éducatives » ce mercredi 19 novembre au salon de l’éducation Educatech Expo à Paris, Pauline Reboul remarque jusqu’aux années 2000 « un paradoxe permanent entre des initiatives locales qui ne dépassent pas le stade de l’expérience. Ça change fondamentalement en 2020 avec la crise sanitaire ! ».
La chercheuse note que « le territoire s’est depuis davantage réapproprié la question éducative » avec les ENT, les questions du décrochage scolaire ou encore de l’inclusion numérique.
Un projet territorial pour agir contre les stéréotypes
Choix d’orientation, confiance en soi et stéréotypes de la société, Sébastien Birbandt, délégué académique de la Martinique a présenté une sensibilisation qui a duré 18 mois. « Le porteur du projet était la ville du Robert. On a eu 207 familles touchées et 26 enseignant.es », note-t-il. La formation des enseignants était au cœur de ce projet numérique. 15 classes de niveaux CM1/CM2 ont été sélectionnées dans 4 écoles pour travailler sur la plateforme Edumalin avec de nouvelles méthodes d’approche des mathématiques. Un seul regret « on n’a pas pu créer de commun pour essaimer plus facilement ».
L’idée de l’édulab Pasteur de Rennes
L’édulab est un lieu d’expérimentation et d’apprentissage dédié aux usages et aux cultures numériques ouvert depuis 4 ans. « C’est un concept que l’on invente chaque jour à Rennes », indique Lydie Pierret, responsable du lieu. « Nous avons un réseau de fablabs. Nous sommes dans la création comme des podcasts, des sérigraphies, de la broderie. On a la chance d’avoir énormément d’acteurs associations du numérique et une recherche active sur ces sujets à Rennes ». L’édulab a mis en place des communs autour de la pédagogie du numérique. Des artistes sont aussi présents dans ce « lieu de vie commune ».
Un cartable numérique dans les Yvelines
« Ce dispositif met a disposition une tablette et un ensemble de ressources sur une période allant du cycle 3 et du cycle 4 » souligne Mathieu Cornuey , directeur du pôle numérique pour l’éducation. « Le choix a été fait de laisser à disposition cet accès stable de l’école à la maison et pendant le périscolaire ». L’idée est d’aider à l’inclusion numérique. D’autres départements en France avaient laissé des ordinateurs portables en leur temps à des collégiens sans donner suite faute de budgets. « Il nous reste des défis au quotidien : donner les clés aux familles pour accompagner les enfants ».
Des explorateurs du web à Marseille
« On s’est rendu compte qu’à la fin des séances en classe sur la citoyenneté numérique, les élèves ne partaient pas en récréation », confie Axel Gouyache, responsable de la division du numérique scolaire. « Nous avons mis en place le soir des opérations nommées Kermesse du numérique ». Les parents étaient invités à l’école le soir pour évoquer des sujets du numérique. « Nous avons travaillé sur la continuité éducative avec les différents dispositifs de la ville », note Sophie Lorimier, directrice adjointe de la Ligue de l’enseignement des Bouches du Rhône. Une mallette pédagogique a aussi été mise à disposition des acteurs locaux.
Le Café pédagogique organise aussi une conférence le vendredi 21 novembre à 14h autour de l’intelligence artificielle en classe.
Julien Cabioch
Educatech : les communs numériques pour la pérennité des ressources
