Des histoires merveilleuses
De continent en continent, l’ouvrage invite à découvrir la place privilégiée que les arbres occupent à travers le monde. Des branches tourmentées du banian indien, à la sève sucrée de l’érable québécois, du frêne géant de Scandinavie, aux araucarias sacrés du Chili… partout, les arbres sont porteurs d’histoires merveilleuses que l’ouvrage entrelace, en vingt doubles pages, récit à gauche, illustration à droite.
Comment Ruata’ata va-t-il réussir à sauver sa famille grâce à un arbre à pain ? La Hyène cupide parviendra-t-elle à tromper le baobab ? Isis retrouvera-t-elle dans le tronc du cèdre le coffre qui contient son bien-aimé Osiris ? L’olivier couvert de fruits d’Athéna l’emportera-t-il sur le cheval fougueux de Poséidon ?… Voilà autant d’aventures à parcourir.
Mais aussi des mythes étiologiques et des récits d’avertissement
Mais derrière ces contes, ce sont aussi des légendes cosmogoniques ou des mythes étiologiques, que l’on découvre. Comment l’esprit créateur fit-il apparaitre sous les branches du séquoia toutes les créatures terrestres ? Pourquoi le sapin garde-t-il ses aiguilles toute l’année ? De quelles larmes le saule pleureur est-il né ?
Se cachent aussi parfois des récits d’avertissement à décrypter, des leçons de vie à interroger. Ne faut-il pas apprendre à se contenter de ce que l’on a sous son palétuvier, plutôt que de vouloir, comme la petite Palourde, découvrir d’autres horizons ? Quel enseignement doit-on tirer de la mésaventure de l’araignée Kacou Ananzè, tombée de son fromager ? Est-ce vrai que les arbres, comme le gingko japonais coupé par Akimitsu le bucheron, se vengent lorsqu’on les maltraite ?…
Et de nombreuses connaissances à glaner
Toutefois, même s’il est nourri de mythes et légendes (et d’histoires vraies parfois aussi), l’ouvrage, fidèle à ce qui fait l’ADN de la démarche des autrices, invite également à glaner des connaissances en chemin pour relier le merveilleux au réel.
On apprend ainsi comment les graines du banian se transportent au creux de la branche d’un autre arbre, grâce aux crottes des chauves-souris ou des singes, pour finir par étouffer celui-ci dans ses racines aériennes. Ce sera l’occasion d’apprendre « un mot savant », épiphyte, et qu’existe, près de Calcutta, un banian de « la taille d’une piste d’athlétisme ! ».
On découvre aussi que le tronc d’un baobab peut emmagasiner jusqu’à « 100 000 litres d’eau », que la forme de la carapace du durain a inspiré les toits de l’opéra et du théâtre de Singapour ; ou encore que la fibre douce et écologique du kapok vient du fromager, et que les racines du saule pleureur permettent de lutter contre les glissements de terrain et celles des palétuviers contre l’érosion des côtes… Bien souvent, on aura même envie d’aller plus loin : prolonger une recherche, trouver une illustration… et la partie sera gagnée !
Décidément nous devons beaucoup aux arbres, à leurs racines, leurs branches, leurs sèves… et ils ont beaucoup à nous apprendre ! C’est ce que pourront découvrir de jeunes élèves dans cet ouvrage, merveilleux et documenté à la fois, qui éveillera leur curiosité tout en les sensibilisant à des questions écologiques.
Claire Berest
