1986 : les instituteurs formés en 4 ans après le baccalauréat
C’était il y a tout juste quarante ans : le décret du 14 mars 1986 « relatif au recrutement et à la formation de instituteurs » marque en effet une étape décisive en ce sens. Tous les instituteurs devront être formés en quatre années après le baccalauréat, au lieu de trois, en principe, auparavant.
L’allongement de la formation, souhaité par l’ancien ministre de l’Education nationale Alain Savary et recommandé par le IXe Plan, est officiellement mis en place par le nouveau ministre de l’Education nationale Jean-Pierre Chevènement (comme quoi il peut y avoir parfois continuité entre deux ministres de l’Education nationale, même différents à bien des égards quoique appartenant au même parti socialiste).
Concours bac +2 + 2 ans
En principe, l’aspirant instituteur devra préparer en deux ans, après le bac, un diplôme d’études universitaires générales (DEUG), puis il sera recruté par concours dans une école normale où il passera à nouveau deux années débouchant sur un examen (avec classement), qui déterminera son affectation. Les titulaires du brevet de technicien supérieur (BTS) ou d’un diplôme universitaire de technologie (DUT), préparés en deux ans après le bac, auront eux aussi accès au concours d’entrée des instituteurs.
Hausse de la qualification dans la société
Dans la seconde moitié du 20e siècle marquée par l’extension de la scolarisation et la hausse de la qualification de la population, les débats et les négociations portent sur le niveau de la qualification exigée, qui gouverne la position du corps des instituteurs dans la fonction publique mais aussi sur l’universitarisation de la formation et les modalités de participation de l’enseignement supérieur à la formation des maîtres.
- Les élèves-maîtres sont recrutés après le baccalauréat pour une formation professionnelle en deux ans durant laquelle les élèves-maîtres doivent pouvoir participer à des cours en faculté ou « bénéficier dans leur établissement de l’apport des maîtres de l’enseignement supérieur ». Le décret du 22 août 1978 entérine le recrutement au niveau du baccalauréat et prévoit une formation en 3 ans avec intervention universitaire.
1979-1985 : 12 dispositifs de formation
A partir de la fin des années 1970, les mesures se succèdent à un rythme très rapide (signe d’un changement qui apparaît incontournable mais aussi difficile à mener). On ne compte pas moins de douze dispositifs de formation en sept ans, de 1979 à 1985 ( parallèles ou successifs…)
L’arrêté du 13 juillet 1979 organise le DEUG (Diplôme d’études universitaires générales) mention « enseignement du premier degré » qui ne permet pas la poursuite d’études supérieures au niveau licence. Cette création est immédiatementt contestée par les élèves-maîtres.
L’arrêté du 15 juin 1982 établit pour la période 1982-84 «une dominante dans un Deug pluridisciplinaire». Ce DEUG spécifique sera abandonné en 1984 (arrêté du 15 juin) : dès 1985, les élèves maîtres passent le Deug de leur choix, en 2e et 3e année d’école normale (promotion 84-87).
Pour ce qui concerne la réforme du « recrutement et de la formation des instituteurs » édictée par le décret du 14 mars 1986, les deux principaux syndicats présents dans l’enseignement élémentaire approuvent une unification de la formation avec la fin des recrutements parallèles ; mais ils critiquent le manque de cohérence du nouveau cursus. Pour le SGEN-CFDT, l’allongement de la formation est une « occasion manquée », tandis que le SNI-PEGC regrette le manque de continuité des quatre années de formation.
Claude Lelièvre
