Une cyberattaque d’ampleur
Selon les informations rapportées par le site spécialisé FrenchBreaches, lundi 17 août un groupe de pirates « ZeroBytes » revendique une cyberattaque et le vol d’environ 43 gigaoctets, 2 500 fichiers. Les données volées concerneraient 1,2 million d’élèves, 4,3 millions d’identifiants de personnels, 602 000 comptes académiques. Que contiennent-elles ? des données personnelles et administratives : dates de naissances, adresses mail, numéros de téléphone, affectation, grade et des identifiants de connexion. Elles remonteraient à plus de vingt ans, entre 2002 à juillet 2026. Les sites Iprof, BE1D et SCONET seraient notamment concernés.
Le 23 août 2026, le Syndicat des Directrices et directeurs d’Ecole a écrit au ministre pour dénoncer leur difficulté à préparer la rentrée sereinement « faute d’accès continu aux outils numériques de l’Education nationale notamment à partir du 15 août » en soulignant une situation aggravée cette année suite au piratage. « Cet été, c’est encore pire« , écrivent-ils, » la plateforme ONDE est en effet inaccessible depuis plusieurs semaines, tout comme les messageries professionnelles« . Le syndicat poursuit : « ces incidents à répétition, survenant précisément durant les périodes où les services de veille et de support sont réduits, jettent un doute légitime sur la robustesse des systèmes qui hébergent des informations sensibles concernant nos collègues. Les directrices et directeurs, souvent en première ligne pour rassurer leurs équipes, ne peuvent se satisfaire d’un silence sur l’ampleur réelle de ces failles ni sur les mesures prises pour les combler durablement« .
Le ministère a reconnu une intrusion fin juillet et met en garde à des campagne d’hameçonnage et d’usurpations d’identité. Les personnels sont invités à changer leurs mots de passe, activer la double authentification et se méfier des messages suspects : « Tout message suspect doit être signalé aux autorités académiques sans y répondre ni cliquer sur les liens qu’il contient. » Le SNES-FSU « exige que le ministère fasse l’entière clarté auprès des organisations syndicales représentatives sur les données capturées et les personnels concernés ».
« Il n’est pas acceptable que les administrations soient si en retard »
Pour la FSU, c’est « une légèreté coupable ! ». Dans un communiqué de presse, elle dénonce le 3e piratage connu. « La CNIL constate un doublement de la part des fuites de données du secteur public en deux ans, une hausse qu’elle attribue notamment à un manque de moyens alloués à la sécurisation des systèmes d’informations » explique l’organisation syndicale. Elle relève que « la DGFIP avait identifié des intrusions dès juin et juillet, mais c’est seulement à la mi-août que le vol de données a été constaté. Au ministère de l’Éducation nationale, après avoir assuré dans sa communication estivale, que les données des élèves n’étaient pas concernées par l’attaque de la fin du mois de juillet, le ministère annonçait ces derniers jours de nouvelles vérifications pour s’en assurer. La légèreté de l’administration confine à une forme d’irresponsabilité. » Pour le syndicat « il n’est pas acceptable que les administrations soient si en retard sur les enjeux de sécurisation, d’information, de formation et d’accompagnement des personnels. »
« Comment l’État peut-il demander aux personnels, aux élèves et aux familles de faire confiance aux outils numériques de l’Éducation nationale lorsque leurs données les plus personnelles sont ainsi exposées ? » demande la FNEC-FP FO 53, poursuivant « Si les hackers sont responsables de l’attaque, cela ne dispense en rien l’État et le gouvernement de leurs responsabilités ».
Pour le Snes-FSU, « la confiance envers l’Etat ne se restaurera qu’avec des actes et des investissements rapides en matière de sécurisation mais aussi sur l’information et l’accompagnement des personnes concernées ».
Djéhanne Gani
