J’aime beaucoup les rentrées scolaires. Je crois que, comme les enfants, je suis toujours un peu excitée à l’idée de reprendre. Il y a quelque chose de très enthousiasmant dans ce nouveau départ : une nouvelle année, de nouveaux élèves, de nouveaux projets… et de nouvelles affaires !
Je prends d’ailleurs beaucoup de plaisir à préparer mon matériel. Choisir un nouvel agenda, de jolis stylos, organiser mes affaires… C’est un peu mon rituel pour bien commencer l’année. Une manière, peut-être, de donner une forme concrète à toutes les possibilités qui s’ouvrent devant moi.
Des nouveaux projets
Parce que des projets, j’en ai toujours beaucoup trop. Je suis une prof qui fonctionne à 100 à l’heure, avec 1000 idées qui se bousculent dans ma tête. Alors, pour éviter de partir dans tous les sens, je me suis imposé une règle : en mai-juin, je ne sélectionne que trois projets pour l’année suivante. Trois. Pas un de plus !
Cette année, l’un de ces projets me tient particulièrement à cœur. J’inscris une de mes classes au Concours national de la Résistance et de la Déportation. Nous allons travailler à l’élaboration d’un petit film documentaire consacré à la résistance étrangère. Et, comme j’aime que les projets prennent racine dans le territoire où nous vivons, j’ai choisi de nous ancrer dans le Cantal.
Résultat : une partie de mes vacances est déjà consacrée à ce projet. Je repère les lieux que nous visiterons avec les élèves, je lis, je cherche, je me plonge dans l’histoire locale et je passe du temps à la médiathèque pour dénicher des ressources qui nous permettront de donner chair à cette histoire. C’est aussi cela, pour moi, la préparation de la rentrée : commencer à construire des projets qui ne prendront véritablement vie qu’avec les élèves.
« Il faut créer du lien, installer une confiance et faire naître un sentiment d’appartenance »
Cette année, je suis également professeure principale d’une classe de seconde. Là encore, la rentrée se prépare avec une attention particulière. Il faut accueillir, rassurer, créer rapidement un lien avec ces nouveaux lycéens qui arrivent parfois avec beaucoup de questions et quelques inquiétudes.
J’aime préparer pour eux de petites attentions. Cette année, ce seront de très jolis crayons à papier et quelques petites gourmandises. Mais surtout, je prépare de belles activités brise-glace pour apprendre à les connaître et leur permettre de faire connaissance entre eux. Parce qu’une classe ne devient pas un groupe simplement parce que l’on inscrit trente noms sur une liste : il faut créer du lien, installer une confiance et faire naître un sentiment d’appartenance.
Des journées d’intégration
Mais, dans mon établissement, cette volonté d’accueillir et d’intégrer les nouveaux élèves ne repose pas uniquement sur les professeurs principaux. L’établissement organise chaque année de véritables journées d’intégration pour les élèves entrants. Et je participe avec beaucoup de plaisir à certaines de ces activités.
Le premier jour, ou plutôt la première demi-journée, est consacrée à l’accueil. Les élèves arrivent avec leurs familles, s’installent notamment à l’internat, puis retrouvent leur classe pour un premier temps de présentation avec leur professeur principal. On découvre les lieux, on explique l’année qui commence, on répond aux premières questions. C’est le moment où l’on passe doucement de l’excitation et parfois de l’appréhension à la réalité : « Ça y est, je suis lycéen ! »
Le deuxième jour, les trois classes de seconde sont mélangées et réparties dans différents ateliers. Santé, documentation, informatique, règlement intérieur, présentation des clubs et des options… L’objectif est de leur donner les clés pour comprendre leur nouvel environnement et devenir progressivement autonomes.
Tutorat seconde-terminale
Nous avons également mis en place un système de tutorat entre les secondes et les terminales. Les plus jeunes déjeunent avec leurs aînés et participent avec eux à un jeu plein de défis pour découvrir l’établissement autrement. C’est une façon assez simple, mais efficace, de créer du lien entre les générations d’élèves et de permettre aux nouveaux de bénéficier de l’expérience de ceux qui connaissent déjà la maison.
Le troisième jour, les élèves rencontrent d’autres visages de l’établissement, notamment les personnels qui font vivre le quotidien : les agents d’entretien, les personnels du self… Ils découvrent également les projets écoresponsables portés dans l’établissement.
Et puis, place aux activités sportives et à la découverte du territoire ! Randonnée, sortie au barrage avec paddle lorsque la météo le permet… Le programme varie un peu chaque année, mais l’idée reste la même : apprendre à se connaître autrement, sortir du cadre de la salle de classe et faire de ce nouvel établissement un lieu que l’on commence véritablement à s’approprier.
La découverte se poursuit dans la ville d’Aurillac, avec un parcours consacré aux lieux et aux services utiles aux adolescents. Là encore, il ne s’agit pas seulement de visiter : il s’agit de donner aux jeunes des repères pour leur nouvelle vie de lycéens.
Et puis, pour terminer ces journées bien remplies, place à la soirée d’intégration organisée par l’association des élèves. Une manière festive de clôturer ces premiers jours et, surtout, de commencer à créer les souvenirs qui feront peu à peu l’histoire de cette nouvelle promotion.
Une rentrée qui commence bien avant … la rentrée
Finalement, quand je pense à la rentrée, je réalise qu’elle ne commence pas vraiment le jour où les élèves franchissent la porte de leur première salle de classe. Elle commence bien avant, dans les préparatifs des enseignants, dans les projets que l’on imagine pendant l’été, mais aussi dans tout ce que l’établissement met en place pour que chacun trouve sa place.
Pour ma part, je suis plutôt quelqu’un de prévoyant. J’aime savoir où je vais, anticiper, préparer. Alors, lorsque septembre approche, je sais généralement que ma rentrée est calée, que mes projets sont posés et que je sais ce que j’ai envie de construire avec mes élèves.
Pour autant, la rentrée reste toujours un saut dans l’inconnu. On peut préparer des séances, des projets, des activités, des cadeaux, des documents… mais on ne peut pas tout prévoir. Il faudra composer avec les personnalités, les imprévus, les réussites, les difficultés et toutes ces petites choses qui rendent une année scolaire unique.
Et, l’emploi du temps !
Et puis, il y a l’incontournable moment où j’attends avec impatience, et une petite pointe d’anxiété, les nouveaux emplois du temps. Vais-je avoir un emploi du temps formidable ? Des trous parfaitement placés ? Ou vais-je découvrir avec effroi que je termine à 17 heures tous les vendredis ? (Rire.)
C’est probablement ce que j’aime le plus dans la rentrée : cette impression que tout est encore possible.
J’aime les défis. Et cette année encore, je crois que je vais être servie !
Sarah Magne
