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Itinéraires de découverte, TPE, Travaux croisés… voilà plusieurs façons de poursuivre un but unique : briser la vision traditionnelle du cours qui place les enseignants, seuls détenteurs du savoir, en situation d’acteur unique, face à des élèves ignorants, passifs, censés enregistrer tout ce que le maître dit… Mais ne sommes-nous pas sujet à une nouvelle mode ? Que va faire le nouveau ministre ? Et le prochain ?… Ne vont-ils pas vouloir, eux aussi, injecter leurs propres marottes ? On comprend dès lors pourquoi nombre d’enseignants s’opposent violemment à toutes ces tentatives de réforme, pendant que les plus nombreux attendent !.. Et cela d’autant mieux que ces opérations sont parachutées sans préparation, sans accompagnement ou presque au niveau de la formation et des ressources, que les conditions de travail ne sont jamais interpellées, et que l’administration, loin de favoriser les initiatives, crée mille et une tracasseries pour que rien ne se passe (1) !.. Décloisonner les disciplines Pourtant, l’école n’a-t-elle pas la nécessité impérieuse de décloisonner les disciplines en montrant aux élèves -et aux enseignants eux-mêmes- que les problématiques et les approches sont complémentaires entre les différentes matières ? Quelle est la place et la fonction d’une école qui ne sait pas aborder les questions d’aujourd’hui, complexes par nature ? Quel sens peut-elle encore avoir ?… Pour l’élève, il s’agit par ailleurs de lui permettre de s’approprier son propre savoir, par des recherches » actives « , l’enseignant se transformant en guide, en repère ou en metteur en scène (2). En ce sens, de telles activités ouvrent un espace de liberté pour des recherches plus personnelles, centrées sur un intérêt particulier de l’élève ; tout en n’y restant pas, bien évidemment ! Affronter les tabous Tel est donc le challenge de l’école : oser affronter certains tabous, notamment ceux liés aux habitudes, aux évidences ou aux routines. Pourquoi continuer à se cacher que nombre de savoirs importants ne sont pas à l’école ? Que non seulement les élèves n’apprennent pas toujours, mais que l’institution scolaire enlève l’envie d’apprendre, voire exclue… ? Les corporatismes de tous ordres en profitent aux dépens de nos élèves et au mépris de l’évolution de notre société. Les conservatismes ne sont pas toujours où l’on croit ! Cher collègue, ne vous crispez donc pas sur votre discipline. Vous risqueriez de figer encore plus l’institution scolaire et de handicaper par là-même vos élèves. Nous sommes dans une société en mutation rapide où seuls les individus qui ont la possibilité de la déchiffrer, d’en appréhender la complexité, de comprendre les mécanismes et les évolutions en cours sont en mesure de pouvoir agir sur elle. L’école demande à être repensée dans ses priorités. Elle a trop souvent privilégié la continuité contre le changement, perpétué les traditions, les disciplines et les méthodes héritées de l’époque de sa création, à la fin du XIXème siècle. André Giordan [Le Café pédagogique publiera le 15 juin un Dossier spécial sur les Itinéraires de découverte.] Pour en savoir plus : Pour en savoir plus sur André Giordan et le LDES – sur l’éducation des plus jeunes – sur l’éducation à l’environnement – sur l’évaluation des enseignement s et des activités Pour la formation de vos étudiants Pour ce qui se lancent dans des recherches didactiques Pour une autre approche de la vulgarisation et le site LDES : http://www.unige.ch/fapse/SSE/teachers/giordan/LDES/index.html — |
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