« La France investit trop peu dans l’école primaire » s’exclame le député Rodrigo Arenas (LFI) dans cette tribune : « ce choix budgétaire sacrifie l’avenir de nos enfants et de la nation à des intérêts court-termistes ». Il dénonce également des fermetures de classes dans le public qui « pénalise[nt] les familles qui font le choix de la cohésion sociale et de l’avenir de la République mais [qui] viennent en plus renforcer une concurrence faussée en soutenant de facto les écoles privées ».
Sans répit : sous prétexte de rationalisation, ce gouvernement s’acharne à défaire le service public de l’Education nationale au détriment de nos enfants. Mais les chiffres sont encore plus têtus : avec 21,3 élèves par classe en primaire, la France a les classes les plus chargées de l’UE. C’est deux de plus que la moyenne européenne.
La baisse de la natalité a bon dos. Dans sa gestion de comptable mesquin, l’Etat veut supprimer des centaines de postes d’enseignants et des dizaines de classes. Pourtant, c’est prouvé, toute fermeture de classe signifie plus d’élèves par enseignant, donc moins de temps pour les accompagner et une dégradation des conditions d’accueil. Ce gouvernement continue de nier ce que soulignent tant d’études convergentes : le simple maintien a minima du nombre d’enseignants réduirait le nombre moyen d’élèves par classe et améliorerait considérablement leur réussite. Ce qui aurait des conséquences bénéfiques pour le pays.
Certes, si la baisse des effectifs des enseignants était proportionnelle à la baisse démographique, cela permettrait d’économiser 3,4 milliards d’euros entre aujourd’hui et 2034 – soit environ 500millions par an. Une somme marginale à l’échelle de la dette nationale. En revanche, maintenir ces postes pour faire progresser les élèves et atteindre une taille moyenne de classes à 18,2 élèves en 2034, représente un gain économique estimé à 4,5 milliards d’euros. Et un supplément de recettes fiscales d’environ 2,9 milliards d’euros, notamment grâce à de meilleures performances scolaires et donc, à terme, de meilleurs salaires, notamment pour les enfants issus des milieux les plus défavorisés.
Mais pour cela il faudrait penser à long terme. La France investit trop peu dans l’école primaire : en 2021, la dépense par élève y était inférieure de 11 % à la moyenne des pays de l’OCDE et de 18 % à celle de l’Allemagne (OCDE, 2024). Couper violemment dans ces dépenses, c’est hypothéquer encore plus l’avenir et même la future compétitivité nationale. Certes, la dette du pays pèsera aussi sur nos enfants. Mais ni rationnel, ni stratégique, ce choix budgétaire sacrifie l’avenir de nos enfants et de la nation à des intérêts court-termistes.
A Paris, ces suppressions de classes, voire d’écoles, s’exercent en priorité sur le service public. Curieusement, l’Etat choisit ne pas toucher aux écoles privées, le plus souvent confessionnelles. Pourtant, le rectorat aurait tout à fait la possibilité de supprimer des postes d’enseignants dans ces écoles privées. D’autant que malgré leurs aides publiques, ces écoles ne respectent pas les mêmes obligations, à savoir le respect de la carte scolaire et la scolarisation des enfants à besoins particuliers.
Ces fermetures de classes viennent donc non seulement pénaliser les familles qui font le choix de la cohésion sociale et de l’avenir de la République mais elles viennent en plus renforcer une concurrence faussée en soutenant de facto les écoles privées. Serait-ce la stratégie, en fait : affaiblir encore le service public pour faciliter sa privatisation ?
Nos enfants sont l’avenir de la nation. Ne les sacrifions pas !
Rodrigo Arenas
Député LFI
