Suppression des HSE, diminution de la dotation du pacte comme des IMP et surenchère de plans sans moyens : les résultats de l’enquête du Snpden-UNSA sont alarmants et donnent à voir les effets du (manque de) budget. La mise en œuvre des grands axes politiques – santé mentale, orientation, égalité filles-garçons – est freinée par l’absence de financements, de temps et de coordination. 20 % des établissements estiment ne pas pouvoir mettre en place le plan santé mentale et 28 % en disent autant du plan orientation.
Pacte enseignant, HSE, IMP : moins de moyens et … plus de missions
L’enquête menée par le SNPden auprès des personnels de direction dresse un constat sans appel, les dotations du « Pacte » ont baissé à la rentrée 2025.
80% des établissements signalent une baisse de la dotation Pacte par rapport à l’année précédente. 70 % estiment que l’enveloppe ne couvrent pas les besoins réels.
Côté IMP, 37 % font état de leur diminution, tandis que les HSE deviennent rarissimes. Cela signifie en conséquence des projets réduits, des activités transversales sacrifiées… ou du bénévolat pour certaines missions.
Un ministère « touché-coulé » par l’austérité
Dans les établissements, les élèves sont présents, mais les moyens, eux, manquent à l’appel. Entre dotations réduites, enseignants absents, crédits Pass Culture arrivés tardivement, quand ils sont arrivés, les effets d’un budget contraint sont visibles dès les premiers jours.
La liste des sollicitations ne cesse pourtant de s’allonger : référents thématiques (harcèlement, numérique, égalité, développement durable…), plans ministériels, formations obligatoires… avec, en face, des moyens en baisse sans marge de manœuvre.
Faire plus avec moins : une contradiction devenue insoutenable
La contradiction est désormais structurelle : des objectifs politiques ambitieux, sans les moyens correspondants ce qui contribue à l’épuisement des personnels et participe à l’absence de sens et la prise de distance. Ce déséquilibre affaiblit aussi la confiance dans l’institution. « Nous avons besoin d’un cap clair, d’un sens à redonner à nos missions » explique le syndicat.
Plans et protocoles : de bonnes intentions, mais sans moyens
Plusieurs dispositifs annoncés – santé mentale, orientation, égalité filles-garçons – peinent à être mis en œuvre, faute de financements, de formation et de temps de coordination.
Selon l’enquête réalisée par le syndicat majoritaire du Second degré, 20 % des établissements ne pensent pas pouvoir mettre en place le plan santé mentale. 28 % déclarent la même chose pour le plan orientation. Et plus de la moitié des personnels de direction estiment ne pas pouvoir mettre en place le protocole santé mentale ou santé mentale, en l’absence de consignes et mise en oeuvre claires, de formations dédiées et de personnels disponibles.
Faute de moyens, l’ambition politique n’est-elle réduite qu’à de l’affichage et à la bonne volonté des personnels, confrontés à une impossible équation ?
Djéhanne Gani
