Des suppressions de postes… malgré des concours remplis
C’est un paradoxe révélateur des choix budgétaires actuels : alors que les concours de professeurs d’EPS attirent toujours autant de candidats, 1 371 postes de titulaires ont été supprimés entre 2017 et 2024. Et cela, alors même que les effectifs scolaires augmentaient de plus de 7 200 élèves.
Résultat : à la rentrée 2024, 1 235 heures hebdomadaires d’EPS ne sont pas assurées dans les établissements secondaires. Dans près de 10 % des collèges et lycées, il manque un professeur d’EPS.
« Ce n’est pas un problème de recrutement et d’attractivité » dénonce la secrétaire générale du SNEP-FSU Corale Benech. Pour compenser, le ministère a massivement recours aux contractuels (+202 % depuis 2017), met les stagiaires à temps plein, et alourdit les effectifs en classe. De plus, le syndicat dénonce le nombre d’élèves par classe, régulièrement 30 par groupe, parfois jusqu’à 35 en lycée, alors que l’enseignement physique nécessite un suivi étroit, notamment pour des raisons de sécurité.
Les inégalités sociales et de genre explosent
Au-delà de la natation, véritable marqueur des inégalités, les données sont claires : les jeunes issus de milieux populaires pratiquent deux fois moins le sport en dehors de l’école. Selon l’INJEP (2022), 38 % des jeunes des classes populaires ne pratiquent aucune activité physique hors temps scolaire, contre 21 % des jeunes favorisés.
Les inégalités de genre sont tout aussi préoccupantes : chez les 15-17 ans, seulement 43,9 % des filles déclarent pratiquer une activité physique régulière, contre 65,7 % des garçons.
Et pourtant, les politiques publiques actuelles tendent à externaliser ou contourner l’EPS avec des mesures, peu coûteuses pour l’État, relèvant pour le syndicat davantage d’annonces symboliques que de solutions structurantes.
4 heures d’EPS par semaine pour tous
Face à cette situation, le SNEP-FSU appelle depuis plusieurs années à passer à 4 heures d’EPS hebdomadaires, pour tous les élèves de la 6ᵉ à la Terminale.
L’objectif est de garantir deux créneaux par semaine, favoriser une pratique régulière sur le long terme, corriger les inégalités sociales et de genre, et améliorer la santé globale des jeunes, dans un contexte d’obésité croissante et de sédentarité alarmante.
Des budgets insuffisants
Avec le budget annoncé pour 2026, les réalités du terrain sous le signe de la pénurie et des collectivités locales, elles aussi impactées par l’austérité, le syndicat craint les effets collatéraux pour les subventions aux clubs, la construction d’infrastructures comme le soutien au sport scolaire.
Djéhanne Gani
