Un cadre de travail spacieux
A travers 11 fiches pratico-pratiques, l’inspection générale donne ses conseils (à suivre) pour la mise en œuvre du cours de SVT. « Pratiquer des démarches scientifiques et expérimentales ; développer l’autonomie et l’initiative », sont les premiers du guide qui replace l’expérimentation au centre de l’enseignement des SVT. « Le travail en groupe est essentiel et nécessite un espace suffisamment grand pour permettre aux élèves de collaborer et de se déplacer facilement. Le professeur doit également pouvoir circuler aisément pour assister les élèves ». Les auteurs évoquent des postes modulables. Loupes binoculaires et microscopes optiques doivent être accessibles.
3 zones de travail dans la classe sont à distinguer dans la classe : une zone de mutualisation, une zone expérimentale et une zone pour « la structuration du raisonnement scientifique ». Des schémas explicatifs ainsi que des photographies de différentes académies sont visibles et mis en exemples. Les auteurs rappellent toutefois que « la configuration de la salle doit permettre la concentration et l’isolement cognitif des élèves et le regroupement rapide ».
Cahier d’expériences et blouse en coton
La blouse en coton est obligatoire lors des activités pratiques et au laboratoire. « Les vêtements de protection individuelle ne doivent pas être échangés, en particulier les blouses pour éviter les contaminations. Il est donc proscrit d’avoir un stock de blouses déjà utilisées à prêter », indique l’inspection générale. Fini le tas de blouses au fond du laboratoire pour les élèves étourdis… Le guide précise longuement toutes les préconisations de sécurité à connaître au sein du laboratoire (cellules humaines, pelote de rejection, roches naturellement radioactives…).
« Ambiance de travail et bien-être »
« Des points lumineux répartis dans la salle doivent permettre un confort de travail notamment lors des séances d’observation et de manipulation », indiquent les auteurs qui n’oublient pas d’évoquer « l’occultation des fenêtres pour une utilisation confortable des tableaux et des écrans et une régulation de la température. Par ailleurs, il est intéressant de prévoir un espace d’apaisement notamment pour les élèves à besoins particuliers. Par exemple, une zone avec un aquarium, un terrarium et des plantes, ainsi que quelques livres de sciences et des coussins pour s’asseoir ».
Des ressources multiples pour les élèves
L’enseignant est invité à proposer « l’affichage simultané de plusieurs ressources [qui] favorisent les synthèses et les consensus recherchés pour conclure en sciences et pour dégager des méthodes de travail communes ». L’inspection générale souligne aussi l’importance de la mutualisation entres pairs et/ou entre élèves et professeur.
L’intégration de l’IA est fortement recommandé, qualifié « d’outil incontournable en sciences surtout quand il s’agit d’utiliser des systèmes de reconnaissances de plantes, de chants d’oiseaux ou d’animaux ». La sobriété numérique est évoquée à la page 65 du guide.
La place du réel au sein des laboratoires et en dehors
Des listes de matériel à acquérir dans les laboratoires sont données : stations météorologiques, pluviomètres, cuvettes de germination, filet troubleau ou encore maquette d’une dorsale océanique. Des exemples d’activités avec le matériel adéquat sont mises en lien avec les unités du programme en vigueur. Les pages accordées à l’enseignement scientifique pourront donner envie aux enseignant.es. Ces derniers n’ont pas dans la grande majorité des cas des groupes réduits d’élèves pour mettre en œuvre ces propositions comme l’observation au microscope de cyanobactéries ou de pollens dans la partie sciences, climat et société.
Les enseignants des sciences de la vie et de la Terre sont invités à « investir les espaces extérieurs pour en faire des supports d’étude de la biodiversité et d’identification des enjeux associés, des lieux de réflexion scientifique et critique et des lieux d’actions individuelles et collectives ». L’inspection général encourage vivement à mettre en place un projet de discipline pour « une démarche collective et réflexive ».
Enfin, l’heure dite de vaisselle est rappelée. « Dans les établissements où n’existe pas de personnel de laboratoire, le maximum de service des professeurs qui donnent au moins huit heures d’enseignement en SVT est abaissé d’une heure » (cf article 9 du Décret n° 2014-940 du 20 août 2014).
Julien Cabioch
