Des chiffres alarmants
Publié le 25 novembre, le rapport de Santé publique France tire en effet la sonnette d’alarme sur l’augmentation des diagnostics d’IST (infections sexuellement transmissibles) et de séropositivité VIH chez les jeunes de 15 à 24 ans. Selon les résultats de cette enquête « les jeunes n’ont pas bénéficié des mêmes réductions du nombre de découvertes de séropositivité entre 2014 et 2023 que les adultes. Au contraire, les découvertes de séropositivité ont augmenté de 41% chez les jeunes, alors qu’une diminution de 15% est observée chez les adultes. » Cette augmentation touche l’ensemble des jeunes de la métropole, hors Île-de-France, et des DROM (Départements et régions d’Outre-mer).
SOS Homophobie alerte par ailleurs sur un autre volet de l’étude qui « se concentre sur les hommes de 18 à 29 ans ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) ». Celui-ci met en évidence une grande vulnérabilité des 18-21 ans dont « beaucoup ne discutent pas de prévention avec un professionnel de santé » et sont 8% seulement, « contre plus du double chez leurs ainés », à avoir recours à la PrEP (traitement de préexposition), malgré des relations sexuelles non protégées plus fréquentes.
Le rôle déterminant de l’école dans la mobilisation
En cette journée du 1er décembre, Journée mondiale de lutte contre le SIDA, ces données, alarmantes, rappellent à toustes combien la mobilisation ne doit pas fléchir. Dans ce combat le rôle de l’école est essentiel, pour faire de cette journée un temps fort. Mais aussi en étant tout au long de l’année, au quotidien, présente auprès des élèves pour les informer et leur permettre de « réfléchir sur le respect de soi, des autres, la prise de risques, le sens de la responsabilité collective, individuelle et la solidarité », de « s’interroger sur les discriminations envers les porteurs du VIH et de lutter contre l’ignorance et les fausses croyances, qui sont souvent sources de conduites à risques, d’attitudes discriminatoires et de situations d’exclusion ».
Elle en prend l’engagement très explicitement au travers du parcours éducatif de santé ou du premier axe de l’Evars : « Se connaître, vivre et grandir avec son corps ». Prévenir des risques encourus par des rapports non protégés (y compris de grossesse), informer des moyens de les réduire (contraception, dépistage, prophylaxies préventives et traitements d’urgence…), mais aussi des « sources fiables » et lieux d’accès « à un soutien et des conseils en matière de santé sexuelle » font ainsi partie des notions et compétences du programme, obligatoire rappelons-le, des classes du cycle terminal.
Plus que jamais leur mise en œuvre est essentielle.
Claire Berest
Rapport de Santé publique France.
1er décembre : journée mondiale de lutte contre le sida. Sur education.gouv.
