Du 9 au 31 mars, ce sont de multiples évènements qui donneront cette force renouvelée à la poésie, sous le « marrainage » d’Isabelle Adjani, avec une superbe affiche signée par le reporter-photographe Áris Messínis.
Fidèle à son engagement pour « faire vivre l’enfance en poésie », l’éditeur Rue du Monde propose quatre nouveautés. Voici deux d’entre elles : la première affirme le droit des enfants à la poésie, la deuxième est un recueil de poèmes-rumeurs… si vous êtes intrigué, c’est bon signe !
J’ai le droit à la poésie, d’Alain Serres, ill. Aurélia Fronty, Ed. Rue du Monde
Avoir le droit à la poésie, c’est d’abord savoir la reconnaître, la débusquer, la savourer… Mais où se cache-t-elle ? Une promenade aux jolies couleurs des pinceaux d’Aurélia Fronty pour éveiller ses sens, tout au cours de sa vie d’enfant à commencer par un arbre qui se reflète dans une flaque de lumière, un bateau qui passe dans le ciel, une salade de fleurs et les mots magiques, purée de poèmes, pour faire rire les oiseaux « Papouilli de pissenlit / Mistero de coquelicot ».
Avoir le droit à la poésie, c’est savoir que parfois, la poésie, c’est triste « comme une plume qui s’envole au hasard pour retrouver quelqu’un quelque part ». Savoir que « la poésie ne pousse pas que dans la nature », et la retrouver à travers la ville. La poésie, c’est aussi réciter, les jambes tremblantes, un poème pour la fête des mères, et être applaudi. C’est aussi la nuit, quand on dort. Et « quand il y a la guerre dans un pays, elle fait tout pour ne pas mourir, la poésie. »
Le texte, aux formules courtes, et les images fortes et douces, embarquent les enfants pour ouvrir la porte à la poésie car, « dans n’importe quelle langue, les flocons de poésie nous gardent en vie ». Ce Droit à la poésie s’ajoute aux quatre titres dont le fameux J’ai le droit d’être un enfant, célébrant les droits des enfants à vivre pleinement et heureux.
Chut ! Il paraît qu’il ne faut pas le répéter, de David Dumortier, ill. Barroux, Ed. Rue du Monde
La fantaisie créative de l’auteur se déroule au fil de ces courts poèmes, rumeurs du monde de l’enfance, rythmée par ces quelques mots : il parait que… « Il parait qu’au milieu de la semaine il y a un petit creux qu’on appelle le mercredi ». « Il parait / Que quand on prend la main à quelqu’un / Ce n’est pas pour la garder ». « Il parait que pour être libre / Il vaut mieux prendre son temps… » Difficile de choisir parmi ces quelques vers, qui tous, créent une petite bulle à savourer, à méditer, formant une image qu’on a envie de laisser flotter dans sa tête. « Il parait que l’accent / Sur le mot étoile / Est une étoile filante / Suspendue dans le ciel ».
Les quelques illustrations, champignons, nuages, chats/chiens, viennent ponctuer ces quelques cinquante petits poèmes de couleurs douces, sans parasiter l’intensité de l’imagination déclenchée par les images créées par les mots. Un nouvel opus de cette jolie collection au petit format, ancré/encré dans la réalité du monde, dont il paraît que c’est probablement le meilleur livre de David Dumortier !
Un dernier pour la route, pour mes petites filles qui adorent se balancer : « Il parait / Que quand il n’y a plus d’enfant / Sur la balançoire / Le vent vient s’asseoir dessus / Et se balance. »
Marianne Baby
