Déroulement
La conscience d’un possible détournement et recyclage des choses nait de plusieurs lectures : Mondo, de JMG Le Clézio, le Cageot de Ponge, le poème provençal de Josette Mercier Les Chaussures. Chaque élève choisit un objet personnel sur le point d’être jeté : brosse à dents, manette de jeux vidéos, petit pot de yaourt… Il s’agit ensuite de décrire cet objet en 4 vers : « en utilisant toujours le même adjectif en début de vers pour le caractériser, et en essayant de trouver des synonymes pour le désigner. » Echanges entre pairs ainsi que dictionnaires viennent aider à écrire ce premier texte.
Puis l’élève doit raconter, en 4 vers ou plus, l’histoire singulière entretenue avec son objet personnel.
Enfin, il s’agit d’envisager l’objet dans une dynamique écologique. Trois vers sont pour cela donnés : « J’ai honte quand parfois je pense / À te jeter à la poubelle (…) / Je ne te jetterai jamais ! »
Les créations sont rassemblées dans un recueil collectif partagé avec les familles : « Pour prolonger cette aventure au-delà de l’école, chaque parent sera invité à voter pour le poème qui l’a le plus touché (en excluant celui de son propre enfant) afin d’encourager une lecture attentive de tous les textes. »
Stéphanie Lokoli souligne combien le projet est motivant et formateur. Parce qu’il développe chez les élèves la posture et les compétences du sujet auteur : « Guidés par la méthode DRAS de Maryse Brumont, ils ont progressivement affiné leur geste scripteur, apprenant à choisir leurs mots avec soin, à construire des images et à donner du rythme à leur écriture ! » Aussi parce qu’il favorise l’éveil aux enjeux du développement durable et de la transition écologique : « Loin d’une simple activité d’écriture poétique, l’activité engage les élèves dans une réflexion authentique sur leur rapport au monde : qu’est-ce qu’on protège ? Qu’est-ce qu’on perd ? Comment peut-on aussi, à hauteur d’enfant ré-interroger le monde ou apprendre à le re-garder ? »
Jean-Michel Le Baut
Stéphanie Lokoli dans le Café pédagogique
