Sur la Page des Lettres de l’académie de Versailles, Cécile Le Chevalier présente une double expérience, instructive, d’écriture avec l’IA en classe. Le travail, mené en 2de, invite l’élève à produire un monologue intérieur de Don Juan après une rencontre avec Elvire. Déployée sur 2 années consécutives, la séance tente de corriger le tir d’une année sur l’autre. Le travail éclaire en particulier l’intérêt de confier à l’élève plutôt qu’à l’IA la rédaction d’un premier jet. Il montre aussi combien il est fécond de livrer à leur réflexion plusieurs propositions d’IA plutôt qu’une seule. Il souligne combien la question du dispositif pédagogique est bien plus essentielle que celle de l’outil technique.
« En apprenant à identifier les biais, les limites ou les choix interprétatifs de l’algorithme, les élèves de seconde développent leurs compétences de lecture et prennent conscience qu’ils sont plus aptes que la machine à restituer la complexité humaine d’un personnage littéraire. L’écriture, loin d’être déléguée, s’en est trouvée enrichie : l’IA a servi de catalyseur pour débloquer l’inspiration, structurer la pensée ou explorer des pistes inattendues, sans jamais se substituer au processus créatif de l’élève.
En définitive, cette étude suggère que l’intégration de l’IA dans l’enseignement du français ne doit pas se penser en termes d’outils à prohiber ou à adopter aveuglément, mais en termes de médiation à inventer. »
Jean-Michel Le Baut
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IA : Enfin le temps de la pédagogie ?
