Un décrochage préoccupant du pouvoir d’achat
« Le salaire de base n’est plus suffisant pour vivre correctement de son métier » alerte Julie Duhamel, secrétaire nationale du SE-Unsa. Pour les AESH en particulier, ajoute-t-elle, le niveau de rémunération ne permet parfois même plus de « survivre », dit-elle en pesant ses mots. Le ton est donné pour cette rentrée : le salaire sera l’un des principaux sujets de mobilisation syndicales, et ce dès le 29 septembre .
Le salaire devient la première préoccupation
48 % des personnels interrogés citent le salaire lorsqu’on leur demande quel est le premier mot qui leur vient à l’esprit lorsqu’ils pensent à leur travail. Cette réponse progresse de 14 points en deux ans. En 2024, elle concernait environ un répondant sur trois. Le salaire passe désormais avant la question de la reconnaissance et des conditions de travail. Pour le SE-Unsa, il y a « un décrochage préoccupant du pouvoir d’achat ». Plus de 42 000 personnels ont participé à cette nouvelle édition du baromètre, qui interroge notamment les conditions de travail, les moyens disponibles et les attentes professionnelles.
« Le pouvoir d’achat, c’est la priorité absolue »
La question salariale devient la première amélioration attendue par les personnels. 60 % des répondants placent ainsi le pouvoir d’achat en tête de leurs priorités, avec 15 points d’avance. La préoccupation est particulièrement forte en milieu de carrière. Chez les personnels âgés de 35 à 45 ans, 64 % souhaitent prioritairement une amélioration de leur pouvoir d’achat.
Pour Élisabeth Alain-Moreno, secrétaire générale du SE-Unsa, le constat est sans ambiguïté : « Le pouvoir d’achat, c’est la priorité absolue ». Elle décrit une préoccupation qui relève désormais de la vie quotidienne, dans un contexte de hausse du coût de la vie et des carburants et de gel du point d’indice. Depuis 2010, l’évolution du point d’indice n’a pas suivi celle des prix.
AESH et AED en première ligne
Les AESH et les AED apparaissent particulièrement concernés par la question des rémunérations, « préoccupation majeure des personnels de l’Education nationale ». Chez les AESH, le salaire constitue la première préoccupation pour 56,2 % des répondants. La hausse des demandes adressées à l’action sociale constitue, pour le syndicat, un autre indicateur des difficultés financières rencontrées par les personnels.
Quand les enseignants financent eux-mêmes l’école
Les personnels ne font pas seulement face à une rémunération jugée insuffisante, ils doivent parfois financer eux-mêmes une partie de leur activité professionnelle, dénonce la syndicaliste. Elle évoque des enseignants qui achètent du matériel pour leurs élèves, jusqu’à « acheter des ramettes de papier».
Des moyens pour l’Ecole, ce sont des moyens pour enseigner. A la question sur ce qui permettrait d’améliorer leur quotidien professionnel vient la réponse celle des moyens pour faire son travail.
Les 3 000 euros nets, une réalité très éloignée pour beaucoup
Elisabeth Allain Moreno « s’attend à ce que l’Ecole soit plus un sujet de caricature électoral plutôt qu’un vrai projet » avec des propositions des candidats au élections présidentielle. La secrétaire générale du Se-Unsa conteste les représentations des salaires enseignants et dément le chiffre d’un salaire pouvant atteindre 3 000 euros nets qui ne rend pas compte de la situation, « un calcul qui n’est pas à prendre avec sérieux ». Comme la FSU-snes, le SE-Unsa souligne le vieillissement de la population enseignante, la prise en compte des indemnités, primes durant l’année 2023, une année généreuse en euros de Pacte, dispositif lancé en grande pompe, au budget qui depuis s’est tari.
Djéhanne Gani
Dans Le Café pédagogique
Un pouvoir d’achat toujours plus bas pour les professeur.es des écoles
