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Les Refusées, Anne Bourrassé
Qu’elles soient scientifiques, philosophes, écrivaines… les femmes n’ont cessé, et ne cessent encore, d’être confrontées aux inégalités de genre. Existences ignorées, œuvres invisibilisées, travaux minimisés – si ce n’est réattribués à des hommes – dans de nombreux domaines, même très présentes, il leur est difficile d’exister. C’est particulièrement le cas dans le monde de l’art, comme en fait la démonstration édifiante Anne Bourrassé, commissaire d’exposition et critique d’art, dans un essai passionnant, Les Refusées, au sous-titre évocateur : Les artistes femmes n’existent pas. Une enquête à travers le temps qui réussit haut la main le pari de s’adresser autant au milieu de l’art qu’aux non-spécialistes. Face à cet effacement, quel rôle l’Ecole peut-elle jouer ? Anne Bourrassé répond aux questions du Café pédagogique. Lire l’article
Et si on arrêtait de penser au masculin ? , Pascal Gygax, Sandrine Zufferey et Ute Gabriel
Aborder la question du langage égalitaire, c’est s’engager dans un débat houleux qui bien souvent oscille en réalité entre hostilité de principe et méconnaissance. Pourtant le sujet mérite mieux, car pour construire davantage d’égalité entre les sexes, il faut aussi comprendre comment « nos habitudes langagières » nous font voir le monde « au travers d’un prisme masculin ». C’est à cette réflexion que nous invitent les trois psycholinguistes Pascal Gygax, Sandrine Zufferey et Ute Gabriel dans Et si on arrêtait de penser au masculin ?, version enrichie de leur précédent ouvrage Le cerveau pense-t-il au masculin ? publié en 2021. Une approche scientifique, claire et accessible qui invite à retrouver une langue moins androcentrée et plus inclusive. Une lecture particulièrement bienvenue à l’occasion du 8 mars, journée internationale des droits des femmes. Lire l’article
On croit parfois avoir tout lu et tout savoir sur l’expérience de la Shoah. Et puis on se plonge dans les entretiens que Ginette Kolinka a partagés avec l’illustratrice Catel, Contre la haine, et on comprend que l’on se trompait. Peut-être parce qu’il s’agit d’un dialogue de femme à femme, complices au-delà des générations ; peut-être parce que la voix de Ginette Kolinka, pourtant centenaire, est faite de malice et d’humour ; peut-être justement parce qu’à 100 ans, on n’a plus rien à prouver, et qu’on parle sans détours, juste et vrai… Décidément, on n’avait pas tout lu, on ne savait pas tout. Chaque récit construit la mémoire. Chaque voix est singulière. Nul doute que celle-ci saura se faire entendre à chacun·e et tout particulièrement aux plus jeunes auprès de qui Ginette Kolinka n’a de cesse de témoigner depuis des années. Lire l’article
La Grammaire se rebelle d’Anne Abeillé
L’Ecole tend à générer chez les élèves de la peur ou de la honte dans leur relation à la langue. Ne devrait-elle pas plutôt leur donner le pouvoir, le bonheur, la fierté de faire du français une langue bonne vivante ? C’est l’invitation, essentielle, de la linguiste Anne Abeillé dans son nouvel ouvrage au titre et contenu provocants : La grammaire se rebelle. A sa lecture, réjouissante, on comprend combien l’Ecole peut et doit enfin dépasser sa grammaire essentiellement normative, considérer que les « erreurs » sont souvent des « variantes », envisager que « le « bon usage », c’est celui approprié à la situation », enseigner les « règles robustes » plutôt que des « règles » minoritairement appliquées, comprendre que « l’oral n’est pas une version déficiente de l’écrit », percevoir que « les grand-z-écrivains » transgressent souvent les injonctions des « puristes »… Le saviez vous ? L’invariabilité du participe passé avec avoir figure dans les nouvelles règles du Bescherelle de mars 2026. Au Québec. Et un jour en France ? Un livre à mettre entre toutes les mains enseignantes. Lire l’article
En crise : la lecture d’œuvres littéraires. En échec : l’enseignement du français, censé en démocratiser l’accès, le plaisir et l’habitude. Un ouvrage de Marie-Sylvie Claude, professeure en sciences de l’éducation, vient dans ce contexte affiner le diagnostic et proposer une belle médication : « Entendre le lecteur ». Car l’Ecole ne fait guère ce travail, malgré l’importance théoriquement accordée à une didactique de la réception centrée sur le « sujet lecteur ». Symptôme de la gangrène, l’exercice du « commentaire » au bac apparait si normé par des décennies de représentations et de pratiques qu’il vient dévitaliser la lecture littéraire. L’enseignement du français est-il malade de son incapacité à déployer les préconisations de la recherche ? De quoi la maladie du français est-elle alors le nom, sinon des atermoiements et des errements de l’Education nationale ? L’ouvrage de Marie-Sylvie Claude peut réveiller les consciences, au plus haut niveau : puisse le politique enfin se mettre aussi à l’écoute de la didactique ! Lire l’article


Et si on arrêtait de penser au masculin ? , Pascal Gygax, Sandrine Zufferey et Ute Gabriel