Un enterrement en grande pompe
Moins d’un millier de personnes ont ainsi remonté la rue Soufflot derrière un corbillard sous une musique de Mozart. Un vrai spectacle pour les touristes présents. « On est en colère ! », scandent les manifestants. « J’ai décidé de faire grève quand j’ai vu la perte que je vais avoir au niveau de la prévoyance », explique cette enseignante. « Je perds environ 1/30 ème de mon salaire mais là on parle de la santé ! Déjà que notre salaire net est plus faible que dans le public et que notre retraite est calculée sur 25 ans…». La prévoyance actuelle existe depuis 1978 et maintient une rémunération à 95%. La proposition du Ministère via la MGEN est plus chère et moins avantageuse.
« Est-ce que ce sont les valeurs du catholicisme ? »
Du côté du SPELC, la colère est la même. « Un droit essentiel est aujourd’hui menacé. Notre prévoyance n’est pas un privilège », lance Jean-Louis Stalder au micro. « Il n’est pas acceptable de résumer la solidarité à une ligne d’écriture comptable. (…). La solidarité est une valeur morale, elle devrait trouver toute sa place dans l’enseignement catholique ».
« Nous sommes déterminés à défendre notre modèle de protection solidaire ! ».
« La FNOGEC évoque une surcomplémentaire en plus de la MGEN. Ce schéma ne tient pas ! ». Les « Guéret démission » sont entendus à plusieurs reprises. Pierre-Vincent Guéret est actuellement le président de la FNOGEC (fédération nationale des organismes de gestion de l’enseignement catholique) qui a la main sur la prévoyance. « L’Etat ne cédera pas sur une impasse juridique ».
La syndicaliste évoque une perte moyenne de 2,5% de salaire pour les 145 000 professeur.es du privé. Elle rappelle aussi « le travail invisible » des profs du privé avec « du bénévolat quotidien » notamment « sur les aides données à la cantine, lors des journées portes ouvertes…»
« De l’argent, il y en a pour les petits fours ! »
La dernière prise de parole revient à la CGT privé. « C’est une attaque sociale totalement inédite vis-à-vis des enseignants du privé sous contrat », lance Barbara Danino (CGT). « L’accord a été dénoncé le 24 juillet 2024 par le collège employeur et les organisations des chefs d’établissement, ceci sans concertation, sans aucune honte ! (…) Quand une collègue devient invalide ce n’est pas un coût, quand une famille perd un proche ce n’est pas un tableau Excel. De l’argent, il y en a pour la communication institutionnelle, pour les restructurations, pour les cabinets de conseils et pour les petits fours ». La syndicaliste prend pour exemple la récente « journée pédagogique de Nice »…
La Rédaction du Café pédagogique
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Enseignement privé : la bataille explosive autour de la prévoyance
Prévoyance : vers la fin des kermesses et du bénévolat dans le privé ?
